|
Assurer l’efficacité d’une installation septique résidentielle dépend d’une foule de choses !
Trois éléments doivent être respectés afin de permettre à l’installation septique d’une résidence isolée d’être efficace. D'abord, elle doit être adaptée aux conditions du site et aux besoins spécifiques de la résidence à desservir. Ensuite, elle doit être réalisée avec les bons matériaux et selon les règles de l’art. Finalement, l’installation septique doit faire l’objet d’un suivi adéquat. L’attention apportée à chacune de ces étapes fera en sorte que l’installation septique continuera d’effectuer correctement le traitement et l’évacuation des eaux usées pour de nombreuses années.
Au Québec, c’est le règlement Q-2, r.8 sur le traitement et l’évacuation des eaux usées des résidences isolées qui dicte les règles de base à suivre. Le Guide technique sur le captage des eaux souterraines et le traitement des eaux usées des résidences isolées vient donner plus de détails sur l’interprétation du règlement. Ces deux documents constituent la base de la conception d’installation septique standard pour les résidences isolées ou autres petits bâtiments dont le débit total journalier d’eau usée d’origine domestique est de 3240 litres ou moins.
Plusieurs types d’installation sont possibles. Le concepteur détermine l’installation à faire en fonction des conditions qui prévalent sur le site à desservir. En priorité, c’est l’infiltration dans le sol qui doit être privilégiée. C’est pourquoi une bonne évaluation de la nature du sol naturel et de ses capacités d’évacuation est nécessaire dès le départ afin de faire le bon choix. Si le sol naturel n’est pas en mesure de recevoir le débit d’eau à traiter et évacuer, alors il est possible de faire un rejet dans un cours d’eau ou dans un fossé en fonction de certaines conditions prévues au règlement.
Les systèmes de base prévus dans les réglementations sont constitués d’une fosse septique et d’un élément épurateur qui complète le traitement et permet l’évacuation des eaux. Il y a quatre types d’éléments épurateurs. Ce sont l’élément épurateur classique, l’élément épurateur modifié, le filtre à sable hors sol et le filtre à sable classique. Le choix du type d’élément épurateur à utiliser se fait par ordre hiérarchique. Si les conditions le permettent, c’est l’élément épurateur classique qui doit être choisi d’abord. Sinon, on passe à l’élément épurateur modifié et ainsi de suite. Chaque type d’élément épurateur doit respecter certaines conditions spécifiques prévues dans la réglementation.
Le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs reconnaît aussi un certain nombre de systèmes de traitement. Il est loisible de les choisir en remplacement des éléments épurateurs traditionnels. Les principaux systèmes reconnus actuellement sont les procédés de biofiltration à base de tourbe (Bio-B de Berger Environnement et Ecoflo de PT Aqua), les procédés biologiques par culture fixée sur média synthétique (Enviro-Septic de DBO Expert inc. et Bionest de Bionest Technologies inc.) et le marais artificiel à écoulement horizontal des Roseaux Épurateurs. Lorsque ces systèmes de traitement sont utilisés et que l’eau est évacuée par infiltration dans le sol, l’effluent est généralement acheminé vers un champ de polissage qui complète le traitement et permet l’évacuation des eaux.
Il y a trois types de rejet possible de l’eau traitée dans l’environnement. Le premier choix est toujours l’infiltration dans le sol en autant que les conditions du site le permettent. Si l’infiltration n’est pas possible, le rejet au cours d’eau peut être envisagé si le taux de dilution est supérieur à 1:300 et si les critères de rejets locaux sont respectés. Autrement, un rejet au fossé, dans un lac, un étang ou un marais peut ultimement être accepté. La désinfection est alors requise et l’enlèvement du phosphore doit être effectué dans certains cas. En tout temps, les critères de rejet locaux doivent être respectés.
Conception de l’installation septique
Lors de la préparation des plans et devis d’une installation septique, plusieurs éléments doivent être considérés. D’abord, il y a la nature et le volume des eaux à traiter. Il faut tenir compte de la vocation de la résidence ou du bâtiment afin de déterminer adéquatement ces deux éléments. Les charges polluantes d’un restaurant par exemple sont de 2 à 3 fois plus importantes que celles d’une résidence normale. Ces charges plus élevées impliquent l’utilisation d’éléments de traitement supplémentaires dans la chaîne de traitement. La vitesse à laquelle l’eau usée est générée a aussi une influence. Un facteur de sécurité plus élevé doit être appliqué si le volume journalier est généré sur une courte période plutôt que de façon plus homogène sur 24 heures. Le concepteur doit s’efforcer de bien déterminer le débit d’eau et les charges polluantes qui seront générées afin de concevoir l’installation septique en conséquence.
L’évacuation des eaux est d’une importance capitale. Quel que soit l’élément épurateur ou le système de traitement utilisé, si l’évacuation ne se fait pas correctement, l’eau va remonter dans le système créant des conditions anaérobiques et la durée de vie du système sera affectée. Nous ne saurions donc assez insister sur l’importance d’effectuer une bonne analyse du sol en place afin de déterminer son taux de perméabilité, la présence du roc ou de couche de sol moins perméable ainsi que la position haute de la nappe d’eau souterraine. La topographie du terrain doit aussi être considérée afin de déterminer dans quelle direction les eaux vont s’évacuer. La pente est un facteur limitant pour certains types d’installation.
La forme du lit ou des tranchées d’absorption de l’élément épurateur ou du champ de polissage a aussi son importance. Règle générale, une surface longue et étroite doit être privilégiée, le long côté étant placé perpendiculairement à l’écoulement des eaux de la nappe souterraine.
Construction de l’installation septique
Lors de la construction de l’installation, un soin particulier doit être apporté aux matériaux utilisés. Le sable et la pierre concassée peuvent en effet contenir une trop grande quantité de particules fines ce qui aura pour effet de réduire la durée de vie du système. Il est donc important que la pierre concassée soit lavée pour la débarrasser de ses particules fines. Le sable filtrant doit être conforme aux critères granulométriques prévus au règlement. Il doit contenir moins de 3 % de particules fines et être plutôt grossier et homogène. Finalement, la terre de remblai utilisée doit être perméable à l’air. Les conduites, les fosses septiques et les systèmes de traitement doivent être conformes à des normes spécifiques du Bureau des Normes du Québec.
Lors de la préparation du lit ou des tranchées d’absorption, le sol récepteur doit être scarifié afin de permettre un passage plus facile des eaux. Des précautions doivent être prises afin de ne pas compacter le sol récepteur ce qui aurait pour effet de refermer les pores naturels du sol affectant ainsi sa perméabilité et par conséquent ses capacités d’évacuation.
La surface du remblai final doit être gazonnée et légèrement inclinée afin de permettre le ruissellement des eaux de pluie hors du site.
Utilisation de l’installation septique
Une fois l’installation réalisée, certaines règles de base doivent être respectées afin de maximiser son efficacité.
Il faut d’abord que les usagers se comportent en fonction des capacités du système installé. La quantité d’eau usée générée doit être raisonnable et les « coups d’eau » doivent être évités autant que possible. L’installation septique risque en effet d’être affectée par un débit d’eau plus important que prévu. C’est pourquoi on ne doit pas y raccorder la plomberie de la piscine, du bain-tourbillon ou des conduites de drainage. Toute fuite d’eau de la plomberie de résidence doit être réparée rapidement.
On doit aussi éviter que l’eau usée contienne des contaminants non prévus. Les produits chimiques, médicaments, peintures et autres ne doivent pas être rejetés dans le système. Les broyeurs sont aussi à proscrire. Le rejet du cycle de nettoyage du système adoucisseur d’eau ne doit pas être dirigé vers l’installation septique à cause des sels qui sont utilisés.
Un suivi régulier est de mise. La fosse septique doit être vidangée régulièrement afin de conserver son efficacité. Les additifs vendus pour diminuer l’accumulation des boues dans les fosses ne doivent pas être utilisés, car ils ont tendance à diminuer l’efficacité de la fosse ce qui fait que plus de matière en suspension se retrouve dans l’élément épurateur ou le système de traitement. Dans le cas de certains systèmes de traitement, des matériaux de filtration et certaines pièces mécaniques doivent être remplacés avec l’usage. Il est important de procéder à ces remplacements au moment prévu.
Depuis le 1er janvier 2005, le propriétaire de tout système de traitement doit être lié en tout temps par contrat avec le fabricant du système, son représentant ou un tiers qualifié. Une copie de cette entente doit d’ailleurs être déposée auprès de la municipalité.
Les quelques conseils que vous venez de lire constituent un point de départ à la réalisation et à l’utilisation d’une installation septique efficace. Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter la réglementation et les guides en vigueur, les représentants des directions régionales du Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, les consultants spécialisés en la matière ou les promoteurs des diverses technologies de traitement.
1 . Règlement sur l'évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées, R.R.Q., c. Q-2, r.8, Dernière modification : 31 décembre 2004, Éditeur officiel, 2-551-22144-7.
2. Captage des eaux souterraines et traitement des eaux usées des résidences isolées, Guide technique, Édition 2005, Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, 2-551-22713-5